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saison 2002-03

 

du 14 janvier au 16 février 2003
LE BOUCHER

A sa parution en 1988, Le Boucher a tout de suite rencontré un grand succès. Revendiqué et défendu comme un roman par Alina Reyes, il a nourri le débat toujours d'actualité sur la place du texte érotique ou pornographique dans la littérature.

Pour moi, la question de la pornographie est ici hors champ.
Si Le Boucher emploie des mots crus, directs, il va bien au-delà d'un simple exposé sur le sexe, ou d'un manuel de sexualité pour jeune fille. Il est avant tout un témoignage de cette nécessité que nous avons de comprendre le monde et nous-mêmes. Le sexe est ici un moyen d'y parvenir.
Au fur et à mesure du travail, ce texte est apparu surtout comme un conte initiatique, au même titre que Le petit chaperon rouge qui doit surmonter des épreuves jusqu'à être mangé par le loup et renaître. La jeune fille du boucher connaît un parcours similaire.

Le Boucher m'accompagne depuis douze ans. Je n'avais jamais eu l'idée de le transposer au théâtre. La rencontre avec Flore Grimaud - la comédienne - a été révélatrice.
La compagnie s'est reformée autour de ce projet. Toujours la même depuis sa naissance : Alexandre Martre (lumière), Christophe Perruchi (univers sonore), Olivier Thomas (décor), et un nouveau venu, Olivier Bickart (co-adaptateur). Nous avons rêvé, réfléchi ensemble. Ensuite, chacun a travaillé avec son propre outil à la transposition du roman à la représentation théâtrale. A ce désir d'intimité avec le public. A l'écoute de ces mots qui enivrent, de ces corps qui chavirent, de cette « chair qui est notre guide, notre lumière noire et dense, le puits d'attraction où notre vie glisse en spirale sucée jusqu'au vertige. »

Alexandra Tobelaim


Le pouvoir des mots
Il y a maintenant un peu plus d'un an que nous avons commencé à travailler sur Le Boucher. La première étape de ce travail a été jouée le 15 janvier 2002 au Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence.
A la naissance du projet, ce qui nous intéressait dans la transposition de ce roman au théâtre, c'était le rôle que tenait le langage, la place centrale qu'occupaient les mots. Ceux chuchotés par le boucher ont un pouvoir dévastateur, salvateur. Ils sont à l'origine de tout.
Il nous semblait important de montrer les réactions que peut, seule, provoquer la parole.

Les mots du pouvoir
Une année s'est écoulée.
Certains mots détruisent ou interdisent. Le pouvoir des mots, dits ou non dits, se vérifie chaque jour. Nous savons que les mots peuvent construire, nous voulons continuer à les défendre et nous poser la question de leur usage.
Pour notre génération qui n'a connu que la liberté de parole, les mots interdits ne sont pas des souvenirs, mais des menaces. Perpétuons cette liberté qui nous a été léguée.
Veillons à pouvoir dire tous les mots.
Soyons vigilants face à certains mots dits.

Olivier Bickart, Flore Grimaud, Alexandre Martre, Christophe Perruchi, Olivier Thomas, Alexandra Tobelaim

 

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