Réservation au
01 43 74 99 61
 
 
 
 
 
 
 

MEHR LICHT
du 28 septembre au 17 octobre 2004

du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h

L’Étang - traduction Gilbert Musy (Éditions Zoé)
et
Blanche-Neige - traduction Claude Mouchard et Hans Hartje
(Éditions José Corti)

de Robert Walser
mise en scène Pascaline Ponti

scénographie Jane Joyet
musique originale Anne-Marie Fijal
interprètée par Carol Robinson, Sylvain Cornille et Anne-Marie Fijal
et enregistrée par Daniel Deshays
lumières Sylvie Debare
réalisation des costumes Mine Vergez

régie lumière Pascal Joris
régie son Chloé Catoire
régie plateau Christelle Crouzet

avec

Alain Frérot l’Homme, le Roi
Cécile Jambou Klara Blanche-Neige
Ludovic Lemarchand Fritz
Thierry Magnier Paul-Ernst, le Prince
Maïté Nahyr Mme Marti-Kocher, la Reine
Pascal Tédes Mr Marti, le chasseur

 

production Compagnie Théâtre de l’Adour, DMDTS, Adami, Spédidam, DRAC Île-de-France, Ville de Paris

remerciements à Catherine Sauvat, Théâtre de l’Aquarium, Théâtre du Soleil, Théâtre des Athévains, Anne Breslauer, Sylvia Goni, Elisabeth de Rothschild, Joël Hafkin

création à La Criée-Théâtre National Marseille en janvier 2004

Vois ce soleil,
mais c’est un
soleil qui gèle
et qui rend malheureux

Nous nous déplaçons de L’Étang, où le réel ne peut être assumé, partagé que transcendé et enchanté, à Blanche-Neige où la Reine, Blanche-Neige, Le Prince, le Chasseur et le Roi, saisis à leur sortie du conte, n’ont de cesse de s’extirper du Livre dont ils sont issus alors que Fritz, le jeune héros de L’Étang, va lui, s’y perdre. Le couple qu’il forme avec sa mère, à l’instar du couple Blanche-Neige - la Reine, est un couple foutu.

Les deux pièces sont reliées par un inter acte ; temps de la métamorphose, lieu d’hallucinations.
Ce sont les personnages de l’Étang qui s’engouffrent follement dans Blanche-Neige, quitte à changer de Langue : sauter de la prose à l’octosyllabe.

L’Homme dans L’Étang est un personnage inventé. Figure du contrepoint. Il est ici chez lui, il écoute, regarde. Nous voyons et entendons à travers lui. Il est à part. Il pourrait être le double lessivé de Fritz.

D’où viennent les personnages de Walser ? De la nuit, là où elle est la plus noire, d’une nuit vénitienne, faiblement éclairée des lampions de l’espoir, l’éclat des fêtes dans les yeux, mais égarés et tristes à pleurer. Ce qu’ils pleurent, c’est de la prose. Car le sanglot est la mélodie du bavardage de Walser.
Ils viennent de la folie, de nulle autre part. Ce sont des personnages qui ont passé par la folie et c’est pourquoi ils restent d’une superficialité aussi déchirante, inhumaine, inébranlable. Si l’on veut nommer d’un mot ce qu’ils ont de réjouissant et de terrible à la fois, on peut dire : ils sont tous guéris...

Walter Benjamin

Ce que la parole fait la parole peut le défaire

Être quelque part, avoir oublié quelque chose, être là-dedans, être hors de soi ; le moi et le lieu fondent L’Étang. Le vertige est la substance de Blanche-Neige ; fond et forme sont indissociables. L’abîme est ici Le sujet incarné tour à tour par la Reine, Blanche-Neige, le Chasseur et le Prince.

Nous y sommes.
Mais où sommes nous ?

Pascaline Ponti