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"Seule
la tragédie, me dit-il, peut immortaliser une comédienne.
Lorsqu'elle ne joue que la comédie, une actrice ne saurait
être divine, elle reste simplement humaine. Le temps efface
le souvenir des femmes qui font sourire, tandis qu'un homme n'oublie
jamais celles qui l'ont fait pleurer. Il faut jouer des tragédies,
Mademoiselle, si vous voulez être éternelle."
La Périchole - Bertrand Villegas,
éditions Lattès
Micaela
de Villegas est née à Lima quelques années
après l'écrasement tragique d'une révolte indienne,
elle meurt deux ans avant la proclamation de l'indépendance du
Pérou... un personnage historique... à la charnière
de deux mondes.
La
tragédie de la Périchole ou ce que nous appelons déjà
"sa vraie histoire" inspirée de l'histoire de sa vie,
racontée par Bertrand Villegas, son descendant, est la tentative
théâtrale de réunir sur scène le livret,
la pièce et le roman.
Tchékhov disait que le théâtre « est une amante
tapageuse et sophistiquée ». Il a commencé décrire
après avoir vu La Belle Hélène dOffenbach.
Jai été quant à moi surprise et déconcertée
de me passionner pour lécriture de Labiche et Delacour
en montant il y a douze ans La Cagnotte.
«A la fin du 2nd Empire, (
) seule la verve est acceptée
parmi les vrais talents. Lidéal à atteindre, le
but ultime vers où lon tend, l état de grâce
que lon souhaite, cest samuser. (
) Pas le temps
de sarrêter pour réfléchir entre les rires,
même si le fond est plus féroce que la forme (Labiche)
ou lhomme plus complexe que son uvre (Offenbach) »
écrit Pierre Enckell.
(«Le Second Empire entre le rire et lhypocrisie»,
in lAvant-scène opéra 66)
Lidéal à atteindre, le but ultime,
notre Pérou à nous se trouve dans le Cabaret des trois
Cousines,
lantre de tous les vices,
lespace libre du théâtre,
la place publique où se croisent la rues de luf,
la rue des marchands, les parfums de jasmin, les vendeurs de caramels,
de biscuits secs et dinfusion de maté.
Le goût de la fête ou plutôt sa nécessité
ont rendu l'écoute de La Périchole puis la lecture distraite
que j'en avais faite plus centrée, plus profonde ; ce ne seront
pas des chanteurs qui jouent mais des acteurs qui chantent et m'accompagnent
au théâtre, ici, nul orchestre mais un piano, un violoncelle,
une clarinette, peut-être une flûte et des accordéons.
Au-delà de la parodie, de l'ironie, de ce qui me semble aujourd'hui
une drôle d'histoire, j'ai entrepris de m'interroger sur ce que
serait
ma Périchole...
une tragédie... pour qu'on ne l'oublie jamais
une comédie... parce que la beauté du monde parvient à
chasser les idées les plus noires
ou tout simplement... une histoire que l'on va chanter.
Julie Brochen
"Je
suis Micaela de Villegas y Hurtado de Mendoza de Lima [...]
Je pressentais déjà mon goût pour les fêtes,
la musique et le vin [...] "
La Périchole - Bertrand
Villegas, editions Lattès
Jacques
Offenbach
Né à Cologne en 1819, Jacques Offenbach choisit de venir
à Paris et devient un violoncelliste célèbre. Chef
dorchestre en titre de la Comédie française en 1850,
il est vite apprécié pour ses compositions : valses, romances,
arrangements. En 1855, il ouvre son théâtre, les Bouffes-Parisiens,
afin dy représenter des petites comédies en musique
bouffonnes et volontiers sentimentales. Excellent compositeur dramatique
mais aussi chef de troupe hors pair, il sillustre dans des uvres
plus développées, à lhumour débridé
et à la satire mordante.
Entre 1858 et 1869, Orphée aux Enfers, La Belle Hélène,
Barbe-Bleue, La Vie parisienne, La Grande-Duchesse de Gerolstein, La
Périchole ou encore Les Brigands font les beaux soirs du Théâtre
des Variétés en enthousiasmant le public du Second Empire.
Les Parisiens de la Troisième République se montrent moins
favorables à ce genre et Offenbach se tourne alors vers la féerie,
tout en se consacrant à son testament romantique, Les Contes
dHoffmann, qui sera créé quelques mois après
sa mort, survenue en 1880.
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