|
|
Une
affinité nouvelle et révélée

Jaime
les rencontres et le hasard dont on croit quil est le
hasard jusquà ce quon découvre quil
sagit dautre chose à luvre déjà
en soi sans quon le sache. Ainsi à linitiative
du Festival dAutomne et de lAdami, cette rencontre
prochaine avec Lagarce, avec son uvre, cest à
dire son théâtre mais aussi ses essais, ses notes,
les échos que je trouve dans les récits, les histoires
quon me raconte sur lui, le livre, à la croisée
de tous ces chemins vers lui, écrit par Jean Pierre Thibaudat,
me guident, maccompagnent et déterminent ce travail
à venir.
Je me livre à une sorte denquête sur moi-même
à travers lui, sur mon rapport à lécriture,
à son écriture. Je nosais pas my risquer,
considérant à tort ou à raison quil
y avait là une troupe, une famille de théâtre
au sens noble du terme à laquelle cette uvre appartenait
ou plutôt était destinée, au sens intime
et privé dune lettre envoyée. Je minterroge
sur cette intimidation ressentie, comme lenvie sourde
et pas assumée par moi dappartenir à une
famille qui ne serait pas la mienne. Et pourtant 2007 consacre
enfin Jean Luc Lagarce, lannée où il aurait
eu 50 ans, nous allons la vivre ensemble.
Je
découvre aussi dans ce projet des acteurs que je ne connais
pas, choisis par des réalisateurs de cinéma, je
leur propose le territoire écrit de Lagarce comme terre
commune, et lAquarium comme lieu de cette expérimentation
théâtrale.
Jai suivi parallèlement au Conservatoire le cours
de maîtrise sur le théâtre de Tchekhov dirigé
par Alexandre Kaliaguine et Anastasia Vertinskaïa du théâtre
dArt de Moscou.
Je suis frappée par le champ déchos qui
existe entre les pièces de Lagarce que je découvre
et celles de Tchekhov que jaime à redécouvrir
toujours. Je ne compare pas leurs écritures respectives,
mais les mets plutôt en relation ; il y a un champ de
questions communes, et un désir dactrice très
proche de celui qui mappelle vers Tchekhov : une affinité
nouvelle et révélée.
Le 12 juillet, Villeneuve lès Avignon
Julie Brochen
Photos
© Franck Beloncle
|