L'EXPRESS
MAG.
Du 16 au 22 mai 2005
Trois
raisons d'aller voir
*** Oncle Vania
Les
mots et les maux.
André
Makowicz et Françoise Morvan ont rendu toute l'aprté
du texte de Tchekhov, sans doute l'un des plus violents de son
oeuvre. chaque phrase transpire la "paresse de vivre",
quand la vodka devient le sens de l'existence et que leurs personnages
ratent consciencieusement tout, leur destin comme leurs coups
de feu. "Agir et faire", proclame Sérébriakov,
tyran mesquin, devant sa cour ecrasée de fatalité.
Certes, mais cela leur est impossible. Tchekhov prouve que le
vide peut ettouffer.
Le
tempo.
Samovar, langueurs et teintes beiges : Julie Brochen évite,
dans sa mise en scène, tous les sables mouvants du tchékhovisme.
Hypertendu, sanguin, le rythme de son travail, qui fait résonner
les acteurs comme des cordes de violon, donne au spectateur
l'intensité d'un claquement de fouet.
Le
défi.
Jusqu'aux représentations du Théâtre de
la Croix-Rousse, en avril à Lyon, c'est Jeanne Balibar,
boulversant fantôme, qui incarnait Eléna. Pour
ces ultimes séances, Julie Brochen, audacieuse, endosse
le rôle, comme un chef d'orchestre devanant premier soliste.
C.B.
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