Emmanuelle Vo-Dinh (FR)
Ad Astra (1h)

Ad Astra
Prenant sa source dans l’ouvrage de Bram Dijkstra Les idoles de la perversité, Ad Astra s’intéresse aux figures de la femme fatale dans la culture de la fin du 19ème siècle, à travers les iconographies de cette époque et plus particulièrement du courant symboliste.
Partant d’une représentation qui couvre deux aspects distincts voire opposés de la figure féminine (de l’idéalisation absolue à la diabolisation radicale), je souhaite poursuivre une recherche déjà entamée avec Eaux-fortes en 2007 sur les liens qu’entretiennent abstraction et figuration, m’appuyant sur une phrase de Gilles Deleuze : La peinture n’a ni modèle à représenter, ni histoire à raconter. Dès lors elle a comme deux voies possibles pour échapper au figuratif : vers la forme pure, par abstraction ; ou bien vers le pur figural, par extraction ou isolation. Si le peintre tient à la Figure, s’il prend la seconde voie, ce sera donc pour opposer le « figural » au figuratif. (Logique de la sensation – Seuil)
Ainsi, il s’agira de faire surgir des états de corps engagés dans une incessante métamorphose... de la femme animale à la figure éthérée et disparaissante des «belles endormies ».E. Vo-Dinh
Emmanuelle Vo-Dinh
Après avoir été interprète, essentiellement auprès de François Raffinot au sein du Centre Chorégraphique du Havre, Emmanuelle Vo-Dinh crée la compagnie Sui Generis au Havre en 1998.
Si l’écriture des « débuts » inscrit un corps «figuratif» qui privilégie la singularité de chaque interprète, la chorégraphe aborde progressivement un travail plus abstrait, par le biais de thématiques comme la neurologie ou la psychiatrie. Avec Décompositions (2003), Emmanuelle Vo-Dinh aborde un cycle de pièces qui marque une rupture très nette avec les précédentes. De facture plus abstraite et contemplative, ce travail invite le spectateur à vivre des pièces au caractère hypnotique.
Depuis 2007, Emmanuelle Vo-Dinh aborde des recherches qui s’appuient principalement sur l’écriture musicale (Aboli Bibelot…rebondi, 2007 ; 5’24, 2008), s’innervant aussi de certains aspects de l’histoire de la peinture (Eaux-fortes, 2007). Les désirs de création de la chorégraphe se portent aujourd’hui autour d’une écriture qui questionne la figuration dans l’abstraction, et place l’interprète au cœur du processus d’écriture (Ad Astra, 2009).
La compagnie Sui Generis est installée à Rennes depuis 2004, où elle est en résidence au Triangle, plateau pour la danse.